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Claude Lévêque: «Quand j’entends le mot subversif dans l’art, j’éclate de rire» PDF Imprimer Envoyer
Mardi, 16 Juin 2009 16:06

L’artiste du pavillon français de la Biennale de Venise nous accordait il y a quelques mois un entretien. Dérushage à mots choisis

leveque1Claude Lévêque, Daniel Buren dit que toute œuvre exposée dans un musée, qui ne pose pas explicitement le rôle de ce cadre, agit dans l’illusion d’un idéalisme, celle d’un art pour l’art, qui met la production de l’artiste à l’abri de toute rupture, de tout questionnement.
C’est ce que j’appelle les «nouveaux pompiers». Il y a aujourd’hui une nouvelle génération formaliste qui répète une leçon bien apprise. Cela laisse la porte ouverte à des arguments pas toujours intéressants ni en accord avec le travail que l’on perçoit. C’est une simple parure. Il ne faut pas être désactivé vis-à-vis de la réappropriation du réel, vis-à-vis de l’homme, de l’urbain, des situations économiques ou des affectations sentimentales.

Face à l’artiste bon élève, pompeux et pompier, l’artiste doit être inadapté ?
Non, pas nécessairement. Il est difficile de répondre à cette question. L’artiste a une part de liberté, mais dès qu’il devient piégé par un système cela n’est plus bon. La caricature, la répétition et l’auto plagiat sont redoutables. Certains artistes utilisent toute une symbolique liée à la psychanalyse avec un excès de pathos. Par exemple Annette Messager a réussi là où ces artistes ont échoué. Pour moi les artistes pompiers sont ces artistes qui enrobent leurs concepts par des arguments critiques et analytiques qui ne sont pas toujours à la hauteur de ce qu’on voit. C’est la forme pour la forme ! Ils sont malheureusement victimes de formatage.

Une prise de conscience est elle possible ?
Aujourd’hui quand j’entends le qualificatif de subversif ou d’activiste dans l’art, je crie au secours ou j’éclate de rire. Dans le monde où nous vivons je ne vois pas comment l’art est activiste et encore moins subversif, mise à part qu’il demeure essentiel pour le plaisir.


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Mise à jour le Mardi, 16 Juin 2009 16:23
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Zoé Cassavetes: «La fantaisie sexuelle m’intéresse» PDF Imprimer Envoyer
Lundi, 15 Juin 2009 14:35

Réalisatrice de «Samedi soir», court métrage olé-olé programmé dans la collection de pornos féminins made in Canal+, Zoé Cassavetes aime inverser les rôles.

zo_cassavetesZoé, c’est pour qui votre film ?
Au départ, c’était surtout pour moi. Maintenant, si les fans de porno peuvent l’aimer, j’en serais ravie car j’ai essayé d’y faire passer différents sentiments: le rire, l’excitation et cette idée que les gens n’ont pas à avoir honte de leur sexualité.


Le porno, c’était un genre qui vous intéressait en tant que tel ?
Je ne suis pas une grande fan de porno car je n’y ressens aucune humanité. On a beau en recevoir plein la gueule, les vérités du sexe y restent pourtant cachées, presque tabou. «Samedi soir» n’est d’ailleurs pas un film pornographique, c’est une œuvre sur les multiples facettes du désir féminin.


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Mise à jour le Mardi, 16 Juin 2009 16:12
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